Miser sur les Équipes de Soins et de Services pour relancer notre Système de Santé

Fort de mes 50 ans, et plus, d’implication à titre de médecin généraliste, de gestionnaire, de conseillere scientifique et de chercheur clinicien ,  je joins ma voix à tous ceux et celles qui considèrent que la remise sur ses rails de notre système de santé doit reposer sur des équipes de soins bien organisées et bien soutenues par nos dirigeants. 

Au cours des trois dernières années, tout au long du parcours complexe de la mise en place de notre Clinique Recherche Innovation, j’ai suivi de près le fonctionnement des GAP, des CRDS et de Santé Québec, les affrontements entre le Gouvernement et les médecins, le projet de loi 2, sa commission parlementaire et son échec. 

À quelques reprises j’ai tenté discrètement, bien modestement et sans succès de convaincre nos instances politiques, administratives et syndicales qu’il fallait rétablir les ponts avec les médecins en appuyant la réorganisation de notre système de santé sur la consolidation des équipes de soins et en y favorisant l’implication active des médecins. 

Je ne perds pas espoir qu’on puisse miser sur une telle stratégie, même si pour l’instant, les récents aménagements législatifs et administratifs ne la favorisent pas. 

Pour transformer concrètement la dynamique de notre système de santé, le rendre plus agile et, enfin, mettre les patients au centre de leur parcours de soins il faut agir sur 5 dimensions: 

  • Les reconnaitre en fonction de la spécificité de leur mission et de leur territoire
  • Les responsabiliser pour qu’elles assurent l’accès et la continuité des soins
  • Les organiser et les outiller selon la nature de leurs services et de leurs clientèles
  • Les soutenir lorsqu’elles rencontrent des difficultés
  • Les arrimer avec leur milieu, leurs partenaires et leur communauté.

On pourra ainsi rétablir l’équilibre nécessaire entre la centralisation des orientations et la décentralisation de la prestation des services pour répondre avvec agilité  aux besoins des citoyens et de leur communauté  

Je développerai dans mes prochains textes les différentes mesures quipermetraient de miser sur les équipes de soins pour répondre aux attentes des citoyens en matière de services de santé quelles actions concrètes pourraient être mises avec des exemples concrets d’innovations et d’aménagement organisationnels dont plusieurs ont été mis en évidence lors des audiences de la Commission parlementaire sur la Loi 2. 

Je le ferai avec le regard suivant en fonction de 3 catégories d’équipes : 

1. Pour les besoins courants de services médicaux avec ses aspects de continuité, de prévention et de prise en compte de l’environnement social et physique de la personne, les groupes de médecine familiale, propriétaires ou locataire de leurs installations, sont actuellement l’instance prédominante pour assumer ce rôle d’équipe de soins; on ne devrait cependant pas leur en donner l’exclusivité. D’autres modèles, dont les équipes multidisciplinaires de CLSC et les Coopératives de Santé doivent elles aussi disposer du soutien du MSSS et de Santé Québec pour jouer ce rôle en s’assurant de bien les arrimer avec les autres composantes du système de santé. 

2. Pour les problèmes de santé complexes, les équipes médicales spécialisées ou ultra spécialisées des centres hospitaliers sont encore, heureusement, le modèle prédominant d’équipes de soins qui permettent aux citoyens d’être pris en charge de façon ponctuelle ou pour le long terme. Il faut cependant améliorer les mécanismes d’accès à ces équipes en fluidifiant les communications avec les équipes de soins courants et en les outillant mieux pour qu’elles puissent actualiser leur plein potentiel et éviter que les médecins spécialistes s’exilent dans les cliniques privées. 

3. Pour les services de santé avec une forte composante de soutien social, les équipes des CLSC doivent retrouver leur mission initiale de porte d’entrée et de continuité de services. Cela implique entre autres, de pouvoir y associer les ressources médicales appropriées. 

Marc Dionne, 1 mars 2026