Responsabiliser les équipes de soins pour garantir à tous les citoyens l’accès et la continuité de soins


Il n’est ni utopique ni naïf de croire que les problèmes de notre système de santé pourraient se régler en misant sur les Équipes Publiques de Soins et de Services (EPSS) qui sauraient le rendre plus agile, plus performant et surtout plus à l’écoute des besoins des citoyens du Québec. 

Notre réseau de la santé foisonne de telles réussites; mais elles sont généralement le fruit d’initiatives souvent limitées dans le temps et dépendantes des leaders qui les ont implantées, en bousculant les règles et les contraintes administratives. 

Le MSSS, Santé Québec et les Corporations et Syndicats professionnels, entre autres, devraient accepter que l’organisation et le fonctionnement du Réseau public soient décentralisées vers ses équipes de soins et de services. 

La création de Santé Québec a permis de compléter l’intégration de toutes les composantes du Réseau; il devient dès lors possible d’en repenser l’organisation sur la base de ces EPSS bien arrimées avec les organisations privées et semi privées :  GMF, pharmacies, cliniques privées de professionnels de santé et autres. 

Pour y arriver, il faut catégoriser ces équipes et identifier les mesures qui permettront de les reconnaitre, de les responsabiliser, de bien les organiser et les outiller, de les soutenir et de les arrimer avec leur communauté. J’y reviendrai dans mes prochains textes. 

Ainsi,  l’objectif, d’attribuer à chaque citoyen du Québec un médecin de famille, ou une équipe, deviendrait rapidement possible en permettant aux GMF de partager, avec les équipes des CLSC et certaines équipes spécialisées en Centres Hospitaliers (CH), la responsabilité d’offrir, aux  personnes présentant un problème de santé complexe, en perte d’autonomie physique ou cognitive ou en situation de vulnérabilité,  un accès facile aux services et une continuité de soins;  ce que la réforme de M Christian Dubé aurait dû proposer. 

Ces équipes de CLSC ou de CH, comme celles des GMF, devraient avoir mandat de constituer le dossier santé de base de leurs patients, de répondre, à la mesure de leurs capacités, à leurs demandes de soins et de les orienter ou de les accompagner vers d’autres équipes mieux placées qu’elles pour y donner suite. Ce ne sera pas suffisant de reconnaitre et de confier de tels mandats aux EPSS. Comme pour la prise en charge des patients par les GMF, il faudra leur allouer les ressources requises pour ce faire. 

Un financement supplémentaire sur base de capitation devrait être offerte à toutes ces équipes de soins capables d’être la porte d’entrée aux services et d’assurer la continuité de soins; elles pourraient ainsi engager un nouveau type de professionnel, soit des « conseillers de santé » qui orienteraient les patients, en ayant accès à leur dossier, vers la bonne ressource à l’interne ou vers d’autres équipes partenaires. 

Pour mon prochain texte, dans une ou deux semaines, j’hésite entre trois sujets : 

  • Développer davantage les moyens dont devraient disposer ces équipes de GMF, de CLSC et de CH pour la prise en charge de tous les citoyens du Québec
  • Aborder la question des équipes de salles d’urgence de CH pour que tous les patients qui s’y présentent soient traités rapidement et avec dignité
  • Présenter comment devraient être organisées les EPSS pour gérer les trajectoires de services médicaux spécialisés selon les territoires de désertes des CH.

Marc Dionne, 15 mars 2026